En vrille, de Deon Meyer

Publié le par LaClaire

En vrille, de Deon Meyer

C'est l'inspecteur Bennie Griessel qui part en vrille, dès les premières pages du roman : appelé sur les lieux d'un meurtre familial suivi d'un suicide, il constate avec horreur que le responsable du massacre est l'un de ses anciens collègues. Solution toute trouvée à son angoisse: l'alcool, dans lequel il plonge avec la certitude de pouvoir maitriser sa consommation à un niveau qui lui permettra de calmer sa douleur tout en assurant son travail. Promesse d'ivrogne bien sûr...

Ses proches se rendent rapidement compte de son état avec inquiétude. Sa nouvelle cheffe, Mbali, décide de confier la nouvelle enquête à son adjoint, l'inspecteur métis très cool Vaughn Cupido.

Enquête pourtant très sensible : le corps d'un prodige de la web-économie vient d'être retrouvé, enfoui profondément dans le sable. Ernst Richter était le jeune PDG d'un site web vendant des alibis à ses clients désireux de couvrir leur liaison sentimentale : coups de fil factices du bureau, fausses notes d'hôtels, etc. Il avait disparu depuis 3 semaines,

Plusieurs pistes s'offrent à l'équipe des enquêteurs : menaces liées à l'activité discutable de Alibi.com, multiples liaisons de Richter , difficultés financières de sa société... Cupido doit faire face, tout en couvrant le comportement erratique de Bennie, et malgré la pression médiatique et politique. En effet, un hacker anonyme menace sur Twitter de dévoiler la base de données des clients du site...

Mais la vérité est ailleurs ... comme on le comprend grâce au récit en parallèle de l'histoire de la famille de François Du Toit, jeune propriétaire d'un grand domaine viticole.

La structure du roman ressemble à celle de Kobra : 2 points de vue parallèle qui finissent par converger pour expliquer les tenants et les aboutissants du meurtre. La technique de récit de Meyer est très maitrisée, et on s'intéresse autant aux 2 fils qui semblent pourtant n'avoir aucun lien pendant longtemps (à part un bout de ficelle rouge). Comme dans Kobra, l'auteur s'appuie sur des problématiques très intéressantes et actuelles. On voit qu'il sait à quoi servent Twitter, Facebook, Tinder, etc. La partie concernant les magouilles dans le monde viticole semble également très bien informée. Résultat ; polar dévoré en 2 jours, c'est bon signe !

Juste une réserve concernant la traduction : les développeurs informatiques de la société sont appelés des "programmateurs" ... les programmeurs ne sont ni les boutons pilotant les machines à laver, ni les responsables des programmes de télé ou de radio ! C'est un gros contresens.

Publié dans Polars

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