Meurtres pour rédemption, de Karine Giebel

Publié le par LaClaire

http://polars.pourpres.net/img/?http://www.yodawork.com/IMAGES/FLEUVE%20NOIR/ZF/9782265092051R2.JPGUn autre polar "easy-reading" : Meurtres pour rédemption, de Karine Giebel.

 

Et c'est à nouveau un huis-clos oppressant : Marianne, est une très jeune femme, détenue pour des meurtres commis alors qu'elle avait 16 ans. En rébellion contre son milieu bourgeois, orpheline élevée par ses grands-parents, elle trouvait dans le karaté, les mauvaises fréquentations et la drogue un exutoire à sa colère et sa violence. Jusqu'à cette cavale désespérée qui a mené à la mort de son petit ami, et au meurtre du flic qui tentait de l'arrêter. Meurtre à mains nues...

 

Quelques années plus tard, Marianne est une détenue redoutée dans sa prison. Tenue au secret, abandonnée par sa famille, elle n'a pas d'autres interlocuteurs que les surveillantes et leur chef Daniel. Celui-ci profite de son isolement pour monnayer contre des faveurs sexuelles les cigarettes et la drogue qui la font tenir. Marianne se débat pour résister à l'univers carcéral, sans pouvoir juguler les crises de violence incoercibles qui la submergent, et la font dégringoler dans une déchéance de plus en plus insoutenable.

 

Un jour, Marianne reçoit la visite de 3 étranges policiers qui lui mettent un marché en mains : sa liberté contre une mission qu'elle devine meurtrière...

 

La similitude de la situation avec Nikita est frappante. Cependant, la première partie, qui se passe en prison, est plus forte et originale que le scénario du film. Le personnage de Marianne est étonnamment attachant, malgré son côté Terminator que rien ne peut abattre.

 

Par contre, j'ai trouvé les scènes de violence à la limite du soutenable. Ca me pose toujours problème, quand je lis des romans qui regorgent de scènes sadiques et cruelles : quelle est la part de complaisance de l'auteur par rapport à ce qu'il décrit ? Et celle du lecteur ? J'ai laissé tomber Patricia Cornwell pour ça, et je n'ai pas accroché du tout à Stieg Larsson pour la même raison. Trop malsain...

 

Cependant, l'histoire et les personnages sont marquants et prenants. Finalement, l'idylle entre le gardien et la prisonnière est moins crédible que les scènes de violence. Du coup, la deuxième partie, dont l'intrigue repose sur la passion de Marianne pour Daniel, est plus faible, malgré un arrière-plan politique sordide assez bien vu...

 

En tous cas, chez Karine Giebel, pas de pitié pour les personnages : ça va de mal en pis pour eux, jusqu'à une fin des plus noires.

 

Bref, un roman dur à supporter, mais difficile à poser ...

Publié dans Polars

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